La complétude de la femme comme celle de l’homme, cadeau de la relation.

J’écris ceci le Jour de la Saint Valentin. N’est ce point le bon jour pour écrire sur l’union, sur le Féminin réuni au Masculin et réciproquement ? N’est-ce point le bon jour pour nous rappeler que nous portons en nous-même l’univers, la globalité, l’unité avec Tout, que ceci n’est pas une chimère mais une vérité à actualiser. Plus nous l’actualisons en nous-même avec la plénitude qui en découle, plus nous nous présentons à la relation dans la pure spontanéité, l’autonomie, la lumière. Y a t-il plus grand cadeau que de libérer l’autre de nos attentes, nos projections, nos identifications ? Y a t-il plus grand cadeau que de reconnaître en soi comme en l’autre la divinité, la liberté, l’unité, tout en gardant conscience de la dimension humaine apparemment limitée mais porteuse et disponible à la réalisation ?

Odyssée. Femme et complète.

« Tu es un garçon manqué » réprouvait la grand-mère. « Viens sur mes genoux » reluquait le grand-père. «T’es bien une fille » méprisait le père. « Pauvres de nous» maugréait chaque mois la mère. «T’es même pas cap, t’es qu’une fille» narguait le frère.
Déesse, quelle odyssée d’être une fille !

Et si à travers de ce qui a été démonisé, blessée, avili, refoulé, résidait la dimension sacrée, divine du Féminin.

Se sentir femme et complète, puissante et douce, magique et belle, nourricière et amoureuse, accueillante et libre, légère et profonde, compassionnée sans être attachée, prêtresse et spontanée, sensible et vitale, gamine et sage, est un véritable pèlerinage à la Source. Véritablement.

Quelle que soit la taille de ses seins, le nombre ou non de ses enfants, sa vie sexuelle. C’est l’essence du Féminin à travers une Femme.

Femme unique. Femme universelle.

Ce qui ne veut pas dire qu’une femme doit incarner chacune de ces qualités, mais sortir des clichés, sa propre idée de la femme afin d’éveiller en elle-même la Femme qui l’habite.

Alors elle incarne le Féminin sacré, la Déesse. Elle en est un véhicule avec sa tonalité unique, sa saveur spécifique, son parfum particulier et toutefois universel.

Déesse, Féminin de Dieu.

Le Féminin de Dieu est grandement absent des grandes religions monothéistes patriarcales. Le Dieu patriarcal destitue et ensevelit la Déesse originelle. Seul reste le féminin, ayant perdu la conscience de son essence et de sa divinité, immature, source de tous les maux, coupable du péché originel, incarné par la femme.

Valeurs du Féminin.

Il nous revient à nous femmes et hommes en éveil, de rassembler, de guérir, d’intégrer les multiples visages de la Déesse, afin de créer un monde où les valeurs du Féminin transforment fondamentalement notre société, l’enrichissent, où la dimension divine et sacrée de la vie est connue, reconnue, honorée.
Valeurs associées à un mouvement d’intériorité, d’accueil, d’intuition, de ressenti, d’alchimie, de coopération. Mouvement qui englobe la totalité sans en exclure aucun, qui inclut, qui unifie le multiple dans l’unité, qui réunit. Accepter de se laisser féconder par la vie que nous ne pouvons contrôler. Le Oui du Féminin en chacun et en chaque être et chose, qui nous fait le cadeau d’amour absolu de faire l’expérience.

Responsabilité envers son propre masculin.

Afin de guérir la blessure intime du féminin qui a oublié sa conscience divine et s’est identifié à la matière vile, les femmes ont à restaurer leur masculin véritable, non un masculin calqué sur le modèle de l’homme.

Elles ont la responsabilité de reconnaître en elles la Déesse et de traverser le piège immémorial de se croire une déesse afin de devenir véhicule de la Déesse. Ni plus mais ni moins.

Visages de la Déesse. Déesses grecques.

La Déesse a bien des visages à travers le monde. Récemment ceux des 13 Mères Originelles amérindiennes (Jamie Sams) sollicitent les âmes nostalgiques ou la quête d’exotisme.
Il y a ceux des déesses grecques, proches et assimilables.

Je me baigne depuis plus de 20 ans dans une grille de lecture qui se base sur 7 déesses grecques. Ces 7 déesses sont maintenant des Alliées chamaniques, des amies, des archétypes vibrants en moi. Elles me soufflent des rituels, des pratiques, des guérisons, des activations, des sons spontanés, des gestes… Certaines sœurs que j’ai eu le bonheur d’accompagner créent aujourd’hui leur(s) propre(s) cercle(s), s’en laissent inspirer dans leurs écrits.

Je rends grâce à  Jean Shinoda Bolen » Goddesses in every woman 1984 » qui a légitimé les multiples aspects de la Femme en moi, autant inavoués que emblématiques. J’avais 30 ans, bien avant de me douter de mon chemin avec les femmes, le Féminin, le Masculin et leur Union.

Chaque déesse, une Alliée.

Les 7 visages de la Déesse vivent en nous et imagent notre mythologie intérieure et notre psyché.
Chacune est un trésor à restaurer, à actualiser. Chacune a besoin d’être vécue dans le corps, le cœur et l’âme. Chacune représente une voie de transformation des enjeux du féminin dénaturé et démonisé. Grâce à chacune, nous pouvons guérir nos propres tonalités du féminin blessé mais aussi éclairer et illuminer nos démones. Chacune est une Alliée sacrée sur une voie de restauration du Féminin.

Combien il est bon, puissant et joyeux de les partager entre femmes, entre sœurs.

Pour chacune, j’ai reçu une voie spirituelle et un centre d’énergie privilégié d’exploration, de guérison, d’harmonisation. Les 7 déesses actualisées dans les 7 chakras principaux autorisent la femme à incarner dans son corps le Féminin sacré.

Une Femme complète intègre les 7, chaque femme dans une proportion différente. Pour chacune d’entre nous, à un moment ou un autre de notre vie, chacune des 7 vient à notre rencontre (avoir ou non un enfant, privilégier ou non sa carrière, sa vie intérieure, son intégrité, la passion, se marier, vivre libre).
Nous avons besoin d’éveiller en nous celles qui sont refoulées, en guérir d’autres, illuminer celles dans leur ombre, célébrer celles qui sont nos ressources de joie, de paix, d’extase.

Territoire de Vie et d’expérience des 7 déesses grecques.

Diane-Artémis, Minerve-Athéna, Vesta-Hestia, Cérès-Déméter, Proserpine-Perséphone et Junon-Héra, Vénus- Aphrodite. Noms romains et grecs. Voici un avant-goût de leur essence.

1 – La voie de Diane – Artémis : la voie chamanique.

La nature vierge et pure, l’instinct profond, la sororité, l’intégrité.

Dans le chakra de la base, Diane- Artémis aide à l’enracinement et à se réconcilier avec la Terre.

2 – La voie de Minerve – Athéna : voie de la Connaissance et de l’Étude des textes sacrés.

La sagesse, la dextérité, la lucidité, le sang-froid, l’artisanat

Dans le 3e œil, Minerve – Athéna aide à ouvrir la Conscience, le mental supérieur et cosmique.

3 – La voie de Vesta – Hestia : voie de la prière et de la méditation.

L’âme, l’intériorité, le sacré, la sérénité, la maison, le foyer.

Dans le chakra de la couronne, Hestia ouvre l’accès à la guidance et la Présence.

4 – La voie de Junon – Héra : voie tantrique dans l’engagement du couple.

L’union sacrée, le mariage intérieur, la loyauté à son époux.

Dans le hara, Héra aide à choisir l’autonomie, à alchimiser créativement la violence, à explorer l’union sacrée.

5 – La voie de Cérès – Déméter : voie du Cœur, de l’amour au quotidien.

L’amour nourricier, la matrice bienveillante, la connaissance des cycles.

Dans le chakra du cœur, Déméter prend soin de l’enfant intérieur et laisse couler sans réserve l’amour.

6 – La voie de Perséphone – Proserpine : l’union de la voie tantrique et chamanique.

La malléabilité, le psychisme, la médiumnité, l’orgasme et l’extase.

Dans le plexus solaire, Perséphone guide le passage entre les mondes et canalise la puissance kundalinique.

7 – La voie de Vénus – Aphrodite est la voie mystique et passionnée, des amoureux et des artistes.

La création, la procréation, la passion envers la vie nouvelle.

Dans le chakra de la gorge, Aphrodite libère la créativité, l’expression et la reconnaissance de l’âme et de son essence.

Discerner, ressentir laquelle se manifeste ou non, prendre soin du besoin fondamental de chacune, choisir laquelle suivre, est le gage d’un choix digne de la Déesse.

Surtout ne pas les enfermer dans des dogmes, sans rire ni joie. Surtout les célébrer avec spontanéité, créativité, beauté et magie.

Ceci aussi pour l’homme qui intègre son Féminin, sa propre complétude.

Une Femme.

À quoi ressemble une femme véhicule de la Déesse, une femme dans sa complétude ?

Cette femme porte la dignité, la reconnaissance sacrée d’être Femme, sans le besoin de séduire ou de craindre l’homme. Elle n’extériorise pas un masculin fabriqué sur le modèle de l’homme, elle n’a pas besoin de faire comprendre qu’il faut la respecter, elle le véhicule.

Dans un environnement machiste, sa présence ne donne pas prise au pouvoir ou à la domination, elle n’a pas d’accroche et ne se sent pas victime personnellement. Dans la reconnaissance de la beauté intrinsèque d’incarner le Féminin, elle reconnaît sa beauté unique quelle que soit son apparence et connaît sa divinité, sans besoin d’être divinisée. Son corps est sa terre sacrée et le temple qui ancre le ciel. Son sang menstruel, celui des Lunes, concentre la présence de la Déesse. Elle reconnaît chaque femme à travers une sororité complice, ainsi qu’une fraternité naturelle envers l’homme. Elle porte la souveraineté de ses actions, reine et prêtresse en elle-même. Il émane d’elle une Présence douce et ferme, profonde et claire, concernée sans être attachée. Sa Présence réjouit, aimante, accueille, transforme et célèbre.

Je salue la Déesse en chacun et chacune et rends grâce de contribuer à son retour.